Manger, voilà bien un acte on ne peut plus naturel, du moins
pour la majorité de la population du monde occidental. Mais ce geste naturel est beaucoup plus complique qu’il n’y paraît, lorsque l’on s’attarde sur les aspects « durables » de notre
alimentation.
Qu’est ce que l’alimentation
durable ?
Nous pouvons tous faire des choix alimentaires qui préservent
davantage l’environnement et la santé. Chaque jour, nous choisissons d’acheter tel ou tel produit sans forcément penser aux conséquences de notre choix sur l’environnement et notre santé.
Pourtant, derrière chaque produit, se cachent des émissions de CO2, des déchets d’emballage, des calories,…
Dans les grandes lignes, on entend par "alimentation durable"
une alimentation qui respecte toute une série de critères environnementaux (dans le but de diminuer l’impact de l’alimentation sur notre environnement), éthiques (pour permettre aux
producteurs « du sud » de percevoir une rémunération normale ) et de santé (afin de consommer des aliments qui sont favorables a notre santé).
On privilégiera donc des produits locaux et de saison, issus
de l’agriculture biologique, peu emballés et/ou pour lesquels le producteur perçoit une rémunération équitable.
Des produits locaux et de
saison !
En effet, un aliment produit à proximité du lieu d’achat
nécessitera moins d’énergie qu’un autre venant de l’autre bout de la planète. Même chose pour les aliments locaux mais hors saison, poussés dans des serres chauffées.
Voici un tableau récapitulatif des fruits et légumes de
saisons.
MOIS
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FRUITS
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LEGUMES
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Janvier
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Citron niçois, clémentine, noix, orange, poire,
pomme
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Ail, betterave, carotte (de conservation), céleri branche,
céleri-rave, chou (vert, rouge, frise, pomme, de Bruxelles, brocoli), chou-fleur, crosne, échalote, endive, mâche, navet, oignon, poireau, pomme de terre (de conservation), potiron,
salades, salsifis, topinambour
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Février
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Citron niçois, kiwi, orange, poire,
pomme
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Betterave, carotte (de conservation), céleri-rave, chou (vert,
rouge, frise, pomme, de Bruxelles, brocoli), chou-fleur, crosne, échalote, endive, épinard, fenouil, frisée, mâche, navet, poireau, pomme de terre (de conservation), potiron,
rutabaga, salsifis, topinambour
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Mars
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Citron niçois, pomme
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Betterave, carotte (de conservation), chou, chou-fleur,
concombre, endive, épinard, oseille, poireau, pomme de terre (de conservation), potiron, salsifis, topinambour
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Avril
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pomme
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Artichaut, asperge, betterave, carotte, chou-fleur, concombre,
cresson, endive, épinard, fève, frisée, navet, oseille, petit pois, pomme de terre (de conservation), radis
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Mai
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Fraise, framboise, rhubarbe
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Asperge, aubergine, betterave, carotte, chou-fleur, concombre,
courgette, cresson, épinard, fève, navet, petit pois, pomme de terre, radis, scarole, tomate
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Juin
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Abricot, amande, cerise, figue, fraise, framboise, melon,
pêche
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Artichaut, asperge, aubergine, betterave, carotte, cerfeuil,
ciboulette, chou-fleur, concombre, coriandre, courgette, épinard, estragon, fenouil, fève, haricot vert, laurier, persil, petit pois, poivron, pomme de terre, radis, thym,
tomate
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Juillet
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Abricot, brugnon, cassis, cerise, figue, fraise, framboise,
groseille, melon, mirabelle, mure, myrtille, pastèque, pêche, prune
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Artichaut, aubergine, betterave, brocolis, carotte, chou-fleur,
concombre, cornichon, courgette, fenouil, fève, haricot vert, oignon blanc, petit pois, poivron, pomme de terre, radis, tomate
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Août
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Abricot, cassis, cerise, figue, framboise, groseille, melon,
mirabelle, mure, myrtille, pêche, poire, pomme, prune, raisin
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Ail, artichaut, aubergine, betterave, brocolis, carotte,
chou-fleur, concombre, courgette, fenouil, haricot vert, poivron, pomme de terre (de conservation), tomate
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Septembre
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Figue, framboise, melon, mirabelle, mure, pêche, poire, pomme,
prune, raisin
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Artichaut, aubergine, betterave, brocolis, carotte, chou de
Bruxelles, chou-fleur, concombre, courgette, fenouil, frisée, girolle, haricot, haricot vert, poireau, poivron, pomme de terre (de conservation), tomate
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Octobre
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Châtaigne, coing, figue, noix, pêche de vigne, poire, pomme,
raisin
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Artichaut,
betterave, bolets, brocolis, carotte, cèpes, chou, chou de Bruxelles, chou-fleur, courges, courgette, épinard, fenouil, haricot vert, poireau, pomme de terre (de conservation),
tomate
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Novembre
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Châtaigne, coing, poire, pomme, raisin,
kaki
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Betterave, blette, brocolis, carotte (de conservation), céleri
branche, céleri- rave, champignons, chou, chou de Bruxelles, chou rouge, chou-fleur, courges, crosne, endive, navet, panais, poireau, pomme de terre (de conservation),
salsifis
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Décembre
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Châtaigne, clémentine, kiwi, mandarine, orange, poire, pomme
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Betterave, cardon, carotte (de conservation),
champignons, chou, chou-rouge, chou de Bruxelles, chou-fleur, courges, endive, mâche, navet, panais, poireau, pomme de terre (de conservation), salsifis, topinambour
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L’alimentation bio, durable par définition !
En ce qui concerne le type de production, on préfèrera les
produits issus de l’agriculture biologique, qui garantit un mode de production sans engrais chimiques ni pesticides. C’est important d’un point de vue environnemental, l’utilisation immodérée
d’engrais et de pesticides conduit a la pollution de l’environnement (air, nappes d’eau potable, cours d’eau de manière général,…). Par contre, l’alimentation bio n’est pas durable quand elle est
issue de l’importation de produits de contre-saison ou quand elle est produite industriellement, avec une main d’œuvre exploitée.
L’alimentation industrielle
apparue en occident depuis une cinquantaine d’années se réfère a une vision « hygiéniste » de la sécurité sanitaire. Les autorités publiques édictent des normes strictes en matière
bactériologique, ce qui pose des problèmes aux petits producteurs locaux (fromage, par exemple). Mais les critères de fraîcheur des aliments, de densité et de qualité nutritionnelle, l’impact des résidus de pesticides et de nombreux « auxiliaires
techniques » et additifs ne sont pas intègrés dans cette approche. Dans l’union européenne, plus de 300 additifs sont autorisés dans les aliments : colorants, exhausteurs de gout,
conservateurs, anti-oxydants, édulcorants, affermissants,… La notion de dose journalière sur laquelle se fonde les autorisation est insuffisante pour appréhender la nocivité et les effets croisés
de certains produits sur une longue durée.
L’agriculture
intensive mise en place dans la deuxième moitie du 20eme siècle est parvenue a répondre grâce a la demande alimentaire en augmentant les revenus de producteurs européens. Mais elle a atteint ce
résultat par une utilisation massive des engrais et de pesticides chimiques et par une utilisation non durable des ressources en eau et des
sols. De nombreux résidus de pesticides très toxiques subsistent dans les aliments et notamment les fruits et légumes.
La viande problème
écologique :
Dans la plupart des sociétés, les céréales complétées de
légumineuses ont été la base de la nourriture de l’humanité, permettant un équilibre en protéines complètes d’origine végétale.
Mais partout dans le monde, la consommation de viande
s’accroît avec l’augmentation du niveau de vie.
Outre le problème éthique soulevé par les élevages intensifs
et la maltraitance des animaux, la productions de viande a grande échelle soulève de nombreux problèmes environnementaux ; émission de gaz à effet de serre, lié au transport et aussi au
méthane émis par le système digestif des ruminants, risques sanitaires et pollutions liés a l’élevage industriels…
Les animaux produisent moins
d’aliments qu’ils n'en consomment. Il faut 1 tonne d’eau pour 1 tonne de céréales, 10 à 15 Kg de végétaux pour 1 Kg de viande. La production de viande représente une emprise importante sur
les autres surfaces agricoles et forestières. En Amérique du sud, la déforestation s’accélère en raison de l’extension de la culture du soja destiné aux animaux d’Asie et d’Europe. Une consommation de viande régulière n’est pas transposable à 6,6 milliards d’humains.
Une alimentation durable passe donc impérativement par une modération des quantités de viande consommées. Cette réduction constitue aussi un facteur de prévention
de maladies cardiovasculaires et de certains cancers.
Quel poisson pour alimentation
durable ?
On parle souvent du poisson comme
« alternative » a la viande et comme aliment « meilleur pour la santé ». C’est vrai mais d’un point de vue durable, ce n’est pas à prendre au pied de la lettre. En effet
et contrairement à la plupart des autres produits alimentaires, le poisson que l’on mange est toujours principalement issus de la pêche (à 80%), c’est à dire un prélèvement dans la
nature, comme si l’on devait chasser les vaches pour en avoir la viande.
Malheureusement ce prélèvement dépasse les capacités du
milieu naturel. En effet, certaines espèces de poissons ont déjà disparu (7%), certaines sont en cours de reconstitution (1%) et d’autres (52%) sont pleinement exploitées, c’est à dire
qu’une faible augmentation de la pêche menacerait l’équilibre de reproduction de ces poissons.
L’aquaculture n’est qu’une partie de la solution, notamment
car elle ne s’effectue pas actuellement de la manière la plus durable possible.
Préférer donc les poissons labelises « fish
forever », bio ou encore MSC (marine stewradship council)
Le commerce
équitable :
La consommation durable passe également par des produits
issus du commerce équitable, qui rémunèrent le producteur de manière équitable. Actuellement ces produits sont de plus en plus faciles à trouver, même dans les grandes surfaces. Les critères de
choix sont ici assez évidents à suivre, en ce sens qu’il suffit d’acheter des produits portant la labelisation Max Havelaar ou Oxfam
Quel type d’emballage
préférer ?
Pour l’emballage, le critère est facile a respecter : il
suffit de regarder le produit pour savoir si oui ou non il est très emballé, voir, si l’on regarde de plus près, le type d’emballage (plastique, carton, verre,…). On privilégiera donc des
aliments en vrac, en grand conditionnement ou emballés avec des emballages recyclables et/ou réutilisables (emballages biodégradables, consignes, composés essentiellement de carton qui pourra
être recyclé,…)
Eviter le
gaspillage !
Voilà bien un critère universel. Quel que soit l’aliment et
la façon dont il a été produit ou transporte, quoi de moins durable que de gaspiller de la nourriture ? Entre 10 et 18 % de la poubelle sont des aliments. Penser alors a accommoder vos
restes avec différentes recettes et sachez que certains aliments sont encore consommable une fois la date dépassée !
Il est parfois préférable de ne pas acheter tout simplement, parce qu’il
n’y a pas de solution acceptable.